Frontières… (0238-1)

  • Französisch, Andere
  • 1945-05-04
  • Dauer: 00:09:35

Beschreibung

Communiqué :
Réfugiés et prisonniers. Libération de Chiasso, Côme et Milan. La fin des chefs fascistes.

Commentaire :
Frontières… Nous avons rarement senti autant que ces jours ce que représente ce mot. Ces prisonniers russes sont les 50 survivants d’un groupe de 460 hommes. Pendant sa pénible marche vers la liberté, la colonne a été surprise par une contre-attaque allemande et décimée par le feu des mitrailleuses. Ces hommes viennent des fabriques de Dniepropetrowsk, des mines de charbon de Taschkent, des forêts de la Sibérie, des « kolkhoses » de l’Ukraine, des usines de guerre de l’Oural. Ils s’étonnent de se voir offrir de la nourriture et un abri, sans la contrepartie d’un travail imposé ; et cela montre combien ils ont perdu toute confiance envers des étrangers. Un pont sur le lit resserré du vieux Rhin. Au milieu du pont, le barrage, ici aussi, sépare deux mondes. Le Conseiller Fédéral Kobelt a inspecté les installations de défense de la frontière. Au-delà du barrage, quelque 100’000 fugitifs attendent de pouvoir entrer en Suisse, formant une colonne compacte de 16 km. de longueur. Ces êtres traqués se serrent les uns contre les autres sous l’averse glaciale. L’entrée dans notre pays les sauvera des dangers et de la terreur. Une colonne du Comité International de la Croix-Rouge roule vers l’Allemagne pour aller ravitailler les prisonniers. Puis le pont se remplit de nouveau de réfugiés échappés de l’enfer. Kreuzlingen ! Ici la frontière coupe en deux la rue principale et le bourg lui-même. Un « visiteur de marque » se présente : un Suisse, qui a été dégradé, qui a servi les Allemands en qualité de capitaine de S.S., voyant l’effondrement, cherche refuge dans sa patrie d’origine. Il sera immédiatement incarcéré. Le lendemain, les événements se précipitent : un courrier apporte la nouvelle de l’entrée des Français à Constance. La garnison, dont les desseins sont restés un certain temps secrets, demandera à nos troupes son internement. Des femmes et des enfants ont été écartés : le règlement de l’internement donne la priorité aux soldats poursuivis par l’ennemi. Chaque soldat est scrupuleusement examiné, pour éviter l’entrée d’hôtes indésirables. Un fonctionnaire de douane, soupçonné d’espionnage contre notre pays, devra se soumettra à un Tribunal Militaire suisse s’il nous demande asile. Il choisit le retour à Constance. A chaque instant, les Français peuvent faire leur apparition. Les voilà ! Et déjà ils fixent sur le cliché ce grand événement qu’est pour eux l’arrivée à la frontière suisse. Quelques officiers suisses en civil se rendent à Constance pour prendre des dispositions avec les forces qui occupent maintenant la frontière. Puis la barrière se ferme de nouveau, nous séparant des atrocités d’une guerre qui tire à sa fin. Frontière sud : Indécision d’un détachement allemand : vaut-il mieux se rendre aux Américains ou se faire interner à Chiasso ? Des officiers suisses conduisent les pourparlers délicats. Les Allemands sont encore armés. Ils se rendront aux Américains. Les voitures et les blindés américains apparaissent à Ponte-Chiasso. Les officiers fixent avec le commandant allemand les conditions de reddition. Des soldats allemands qui avaient été enfermés par des partisans dans un cinéma se rangent dans la colonne de la troupe qui capitula. Nos reporters poursuivent leur voyage dans la région frontière. Le monument de Garibaldi veille sur Côme libérée. La population acclame les premiers blindés américains. Des détenus politiques sont libérés... Les amis se retrouvent... La joie règne. C’était une fois... Et les scènes dont nous sommes témoins ici évoquent celles que nous avons contemplées chez nos voisins de l’ouest au moment de la libération. Des prisonniers allemands sont conduits dans les camps. Enthousiasme dans toutes les rues. Happés par le courant des événements, nos reporters iront jusqu’à Milan, la ville tant éprouvée, à laquelle nous lient maintes relations de voisinage. Ici s’est joué le dernier acte d’une tragédie ! Nous assistons à la marche du destin ! Nos voisins d’Italie ont tourné une page de leur histoire. Guidées par les partisans, les avant-gardes des armées alliées entrent dans Milan libérée.

Communiqué_0238.pdf
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